On dit qu’une image vaut mille mots. Parti de ce postulat, le scribing accompagne désormais de nombreux séminaires et réunions. Son principe ? Illustrer la réunion et les idées produites en temps réel. Un art de la synthèse.

James est un homme heureux : chaque réunion de travail se transforme en atelier d’art. “Je fais ce métier depuis une vingtaine d’années”, explique ce londonien, qui parcourt l’Europe pour offrir son art aux réunions d’entreprise. “Mon travail consiste à créer une histoire visuelle qui raconte le déroulement de la réunion ou du séminaire.” James fait partie du pool de « scribers » qui intervient régulièrement sur le Campus Capgemini Les Fontaines, notamment dans le cadre des réunions de l’Université Capgemini.

C’est un travail qui sollicite les deux hémisphères du cerveau et une capacité certaine de se concentrer sur deux choses à la fois : “en même temps que j’écoute les échanges qui ont lieu, je mets en scène ce qui vient de se dire.” Tout repose sur la captation des bons mots clé, des expressions qui vont assurément marquer les esprits.

Entre la bande dessinée, l’illustration, l’humour et le sérieux d’un rapport visuel, James a peaufiné son style. “J’ai été formé en école d’art graphique, et le reste, je l’ai appris en pratiquant, explique-t-il. Il faut savoir détecter ce qui est important, rester dans le courant des mots.” Un scriber est donc un témoin qui offre son point de vue comme synthèse possible d’une réunion de groupe. “C’est pourquoi je me définis comme un facilitateur graphique: les participants voient en temps réel ce dont ils parlent, ce qui les amène à se concentrer davantage sur les objectifs de la réunion. Ils peuvent ensuite facilement se remémorer les messages-clés délivrés lors des sessions”.

Si son art est souvent réalisé sur paperboard, James exerce aussi sur des murs entiers. Sa plus grosse fresque a mesuré dix mètres de long ! “Le métier évolue sans cesse, on passe progressivement au tableau numérique, et il y aura bientôt des écoles pour former les artistes à ce métier.” Avis aux amateurs…